Des parlementaires veulent une loi pour interdire les pesticides dans les collectivités

Association des maires de France

Edition du 6 Juin 2013

La cause de la défense des abeilles transcende les clivages politiques : la réunion organisée hier au Sénat par le Comité de soutien des élus à l’abeille et aux apiculteurs regroupait des élus de tous bords, du PCF à l’UMP. À l’image d’ailleurs du comité lui-même, qui réunit plus d’une cinquantaine d’élus (parlementaires, maires, conseillers généraux) de toutes obédiences, allant des écologiste Noël Mamère et Dominique Baupin aux parlementaires UMP Pierre Morel-A-L’Huissier, Pierre Jarlier ou Martial Saddier, en passant par le maire socialiste de Sarlat, Germinal Peiro ou le député communiste du Puy-de-Dôme, André Chassaigne. Pour tous ces élus, l’augmentation exponentielle de la mortalité des abeilles – passée en 15 ans de 5% à 30% du cheptel par an) est une « menace » majeure pour la biodiversité, la pollinisation assurée par les abeilles permettant la reproduction de quelque 80% des espèces végétales. Les élus de ce Comité se sont engagés à soutenir l’action de l’Unaf (Union nationale de l’apiculture française).
Parmi les causes identifiées de la surmortalité des abeilles figure bien sûr, en bonne place, l’utilisation de pesticides. Si les élus membres du Comité s’engagent, dans leur Charte, à ne pas utiliser de produits phytosanitaires dangereux pour les abeilles dans leurs collectivités, ils souhaitent à présent aller plus loin : le sénateur maire de Saint-Nolff (Morbihan), Joël Labbé, a annoncé hier son intention de déposer une proposition de loi au Sénat en octobre visant à interdire dans un délai de cinq ans l’usage de pesticides dans les collectivités, ainsi qu’à Réseau ferré de France. Cette dernière entreprise est en effet une grosse consommatrice de désherbant qu’elle utilise pour l’entretien des voies. Côté collectivités, « 90% d’entre elles » utilisent encore, selon Joël Labbé, des pesticides pour désherber bordures de voirie ou cimetières. Mais les 10% de collectivités qui n’en utilisent aucun « prouvent que c’est possible ».
Lors de cette réunion, les élus ont également tiré la sonnette d’alarme sur le manque de résultats effectifs du plan Écophyto lancé en 2008 : alors que celui-ci prévoyait une division par dix de l’usage des produits phytosanitaires, leur vente est au contraire en constante progression depuis deux ans.
Le sénateur maire de Saint-Flour, Pierre Jarlier, dont la collectivité n’utilise plus aucun pesticide, a déclaré ce matin à Maire info qu’il était « tout à fait solidaire » de la démarche de Joël Labbé : « Tout ce qui va dans le sens d’un comportement écoresponsable est bon à prendre, et si cela peut servir d’exemple, c’est bien », souligne le sénateur du Cantal, qui reconnaît toutefois qu’il faut « laisser du temps » aux collectivités de s’acculturer.

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