Piqûre d’abeille : les Chinois se soignent avec, nous aussi

Publié par le midilibre, le 08-09-2013

Jean-Pierre Bretelle, un amateur éclairé pour lui-même et ses proches.
Jean-Pierre Bretelle, un amateur éclairé pour lui-même et ses proches.

Très en vogue en Chine, cette thérapie de choc est utilisée de manière empirique par les apiculteurs contre rhumatismes et douleurs articulaires.

Tous les apiculteurs connaissent l’astuce, assure Jean-Pierre Bretelle, qui sort chaque année un miel toutes fleurs de ses ruches installées à Maurin, sur la commune de Lattes, dans l’Hérault. Passionné d’abeilles, le retraité soigne rhumatismes et tendinites en se faisant volontairement piquer par ses abeilles. Et, si nécessaire, en forçant une bestiole à lui enfoncer son dard dans la peau. Reste à masser la zone ainsi traitée. Ses proches bénéficient d’une pratique qu’il exerce en « amateur », « ça marche à 80 %« , assure-t-il.

A Pékin, une clinique spécialisée dans les piqûres d’abeilles

A 9 000 kilomètres de là, en Chine, les piqûres d’abeille sont avidement recherchées par des patients qui les jugent capables de guérir ou de prévenir des maladies graves. Wang Menglin, acupuncteur, a fait des abeilles sa spécialité. Sa clinique pékinoise a déjà soumis plus de 27 000 patients à cette thérapie de choc, une séance peut impliquer des douzaines de douloureuses piqûres. « Nous avons traité des patients souffrant de maladies allant de l’arthrite au cancer, avec des résultats positifs », affirme Wang Menglin. Ses patients y croient.

Une Héraultaise soigne ainsi sa sclérose en plaques

À Vias (Hérault), Maryse Pioch en est convaincue : cette fille d’apiculteur a vu, gamine, défiler tout le village dans la maison familiale pour soigner des rhumatismes. Elle fait aujourd’hui disparaître ses maux de tête en piquant avec une abeille trois points d’acupuncture au niveau du genou. Mais tout cela n’est rien à côté de la cure intensive qu’elle s’est administrée de 2005 à 2007 pour soigner sa sclérose en plaques diagnostiquée en 2000, une maladie neurologique chronique qui attaque le système nerveux central. Elle a établi le protocole en consultant des experts aux États-Unis, au Mexique, en Belgique et en Russie.

Maryse Pioch était en fauteuil roulant. Aujourd’hui, les symptômes de sa maladie se sont atténués. À 65 ans, elle ressent « un besoin impérieux de marcher et de courir », même si elle se déplace encore avec difficulté.

Médecins sceptiques

Elle en a tiré un livre, Les abeilles ont guéri ma sclérose en plaques. Ses IRM en témoignent : « Il n’y a pas de plaques actives. » Depuis, des désespérés atteints de maux incurables défilent chez elle à la recherche d’un avis éclairé. Elle ne leur donne pas de faux espoir : « Il ne faut pas se leurrer. Il faut prendre des doses de venin considérables. » Médecins et scientifiques demeurent très sceptiques.

Hippocrate, déjà

L’apithérapie est connue depuis des millénaires en Chine. Hippocrate soignait aussi avec des piqûres d’abeille. En d’autres temps, Charlemagne et Ivan le terrible utilisaient le venin d’abeilles contre les crises de goutte, rappelle Henri Joyeux, auteur de Les abeilles et le chirurgien.

Des scientifiques partagés

Le cancérologue montpelliérain est un des rares médecins français à croire à “l’acupuncture des abeilles”. En revanche, un site américain parle de « charlatanisme » : « Aucune démonstration scientifique ne justifie le recours à l’apithérapie. »

« On peut soigner les rhumatismes, les tendinites, les polyarthrites… »

Claudette Raynal, acupunctrice en Isère, fait figure de référence en France en matière d’apithérapie.

Les piqûres d’abeilles sont-elles une thérapie ?

C’est une pratique très répandue en Chine, 100 000 personnes se soignent ainsi, notamment en milieu rural. Au Japon, j’ai vu des professeurs prélever le dard des abeilles et faire des micropiqûres sur un méridien d’acupuncture. Ils ont formé des Espagnols, des Portugais… C’est aussi très employé dans les pays de l’Est.

En France, quel est le cadre ?

On est très en retard. En médecine, c’est interdit. En revanche, rien n’interdit de se traiter soi-même.

Quelles sont les vertus du venin d’abeille ?

C’est un anti-inflammatoire. On peut soigner les rhumatismes, les tendinites, les polyarthrites… Il agit aussi sur le système nerveux, on l’utilise contre la sclérose en plaques. J’ai suivi des personnes qui ont vu leurs symptômes diminuer, voire disparaître. Mais les preuves scientifiques ne sont pas établies.

N’importe qui peut l’utiliser ?

Il ne faut pas faire n’importe quoi. C’est une thérapie très violente. Il ne faut pas être allergique. En amont, je conseille une cure de “détox” alimentaire, et d’utiliser d’autres produits de l’apiculture.

Le venin est le plus intéressant des produits de l’apiculture ?

Non, la propolis (une sorte de résine végétale utilisée par les abeilles pour assainir la ruche, NDLR) est extraordinaire : antibactérienne, antivirale, antiparasitaire…

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A propos adahb

Association pour le Développement de l'Apiculture en Haute-Bretagne
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