Étiquetage des OGM dans le miel: les apiculteurs divisés

Publié le 13 janvier 2014 par Le Revenu Agricole

Les apiculteurs français sont divisés sur l’opportunité d’étiqueter la présence d’OGM dans le miel, à deux jours d’un vote du Parlement européen sur la question.

Mardi et mercredi, les députés européens vont plancher sur un projet de législation qui qualifierait le pollen comme un « ingrédient », et non comme un « constituant » du miel. Cette mesure d’apparence anodine imposerait de mentionner « avec OGM » tout miel contenant plus de 0,9% de pollen génétiquement modifié.

L’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) est en faveur d’une telle démarche d’étiquetage des OGM dans le miel car elle permettrait de poser la question de la coexistence des ruches avec les OGM.

Car, souligne l’Union, aucune étude n’est faite pour évaluer l’effet des OGM sur les abeilles avant leur mise sur le marché et appliquer au miel la réglementation OGM imposerait d’en passer par là.

« Considérer comme ingrédient uniquement les pollens pouvant être OGM entraînera l’obligation d’un étiquetage OGM pour des miels n’en contenant à l’évidence que quelques grains et ce de manière fortuite; ce qui sera bien évidemment préjudiciable pour l’image du miel et pour l’avenir de la filière », estime au contraire l’Institut de l’abeille (Itsap) dans une note en date du 6 janvier.

Pour deux syndicats d’apiculteurs français, le Syndicat des producteurs de miel de France (SPMF) et la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP), la mesure aurait en outre des effets secondaires sur toute la filière miel.

« Si le miel n’est plus considéré comme un produit agricole primaire mais composé d’ingrédient, alors il pourra être trafiqué. Aujourd’hui, il est interdit d’ajouter ou de rejeter quelque chose du miel », explique Joël Schiro, président du SPMF.

« Jusqu’à présent le miel est considéré comme un produit pur, considérer le pollen comme un ingrédient peut amener à des dérives, à ce que le miel puisse être ultra-filtré ou même pasteurisé », renchérit Yvan Gouttequillet, porte-parole de la FFAP.

Pour la FFAP, le dossier du miel risque d’être pris « en otage » pour empêcher l’autorisation de nouvel OGM en Europe, au détriment des apiculteurs.

Un sujet qui divise aussi les institutions européennes puisque la commission Environnement du Parlement européen s’est prononcée en faveur de l’étiquetage, tandis que la proposition de la Commission européenne, en 2012, excluait au contraire cette traçabilité. La question doit également être examinée par les gouvernements, avant des tractations entre les trois institutions européennes pour aboutir à un arbitrage.

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