Apiculture à Belle-Île. L’abeille noire y produit un miel unique

Ouest-France, le 19 juin 2014

De Palais à Sauzon (Morbihan), entre mer et landes, deux apiculteurs chouchoutent leur protégée. L’insecte est particulièrement adapté à la flore insulaire.
Richard Laurance, apiculteur à Sauzon, souligne que l’image de Belle-Ile constitue une formidable vitrine pour son miel.

Elle est gâtée, l’abeille noire de Belle-Île. Deux apiculteurs professionnels s’occupent d’elle sur ce territoire de 86 km². Richard Laurance est l’un d’eux. Il possède cinq cents ruches dispersées sur une vingtaine d’emplacements.

Cet ancien informaticien parisien, originaire de Nantes, s’est d’abord installé à Guérande en 2005, avant de racheter les Ruchers de Belle-Ile, à Sauzon, en 2006. L’apiculteur produit trois variétés de miel dont un typique, récolté en fin de saison sur la côte sud-ouest. C’est le territoire de la bruyère vagabonde, essentiellement concentrée à Belle-Ile et Groix. « Cette végétation convient particulièrement à nos abeilles, issues d’une espèce qui se réveille tardivement. Ici, il n’y a pas de colza, de châtaignier ou d’acacia qui sont la base du miel de printemps. Sur l’île, on ne récolte que l’été, soit 40 à 50 % de moins que sur le continent », précise Richard Laurance.

Des saveurs toujours différentes

Selon l’apiculteur, l’insularité a aussi ses avantages : « A Belle-Ile, il n’y a pas d’agriculture intensive, beaucoup moins de pesticides et donc moins de pertes dans notre cheptel. Nous bénéficions d’une flore sauvage, diversifiée, qui nous permet de récolter un produit unique aux saveurs toujours différentes. » Richard Laurance évoque aussi le circuit de vente, très court : « Je vends 80 % de ma production sur l’île. Je pourrais faire 100 % si je voulais. » Il a également un site internet et avoue que l’image de Belle-Ile est une vitrine incomparable.

Pour sa neuvième saison sur l’île, Richard Laurance s’attend à une année plutôt moyenne. « La production de miel dépend beaucoup de la météo. Il nous faut de l’eau régulièrement. En ce moment, c’est plutôt sec. Cette année ressemblera certainement à l’an passé, avec une production d’environ trois tonnes de miel », explique l’apiculteur. En comparaison, en 2012, excellente année, ses ruches lui avaient donné une dizaine de tonnes.

Importation de ruchers interdite

L’abeille noire, parfaitement adaptée au terroir bellilois, est protégée par ses apiculteurs. Un arrêté préfectoral interdit toute importation de ruchers. Ce qui n’a pas empêché son principal ennemi, le frelon asiatique, de franchir le bras de mer qui sépare l’île du continent, par le bateau. Quelques spécimens ont été aperçus cette année à Belle-Ile. Certains ont été capturés en début de saison. « Les pièges installés ne révèlent rien actuellement mais on sait bien qu’ils arriveront tôt ou tard », se désole l’apiculteur.

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Association pour le Développement de l'Apiculture en Haute-Bretagne
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